Évreux Dans l'Eure, le président du Département menace... de ne plus payer le RSA

Le président du Département de l'Eure menace de ne plus payer le RSA ! Lundi 5 octobre 2015, il a annoncé la création d'un service anti-fraude et la multiplication des contrôles.

Mise à jour : 05/10/2015 à 19:59 par La Rédaction

En session extraordinaire, lundi 5 octobre 2015, les élus du Département de l'Eure ont examiné le dossier « RSA ». (DR)
En session extraordinaire, lundi 5 octobre 2015, les élus du Département de l'Eure ont examiné le dossier « RSA ». (DR)

Après la Seine-Maritime, c’est au tour du président du Département de l’Eure de taper du poing sur la table. Lundi 5 octobre 2015, à l’issue d’une session extraordinaire notamment consacré au RSA (Revenu de solidarité active), Sébastien Lecornu (Les Républicains) s’en est violemment pris à l’État :

Depuis 2012, l’État a gelé à 40 millions d’euros sa participation, alors que les dépenses du RSA ne cessent d’augmenter. Entre 2014 et 2015, la facture a encore augmenté de 7 millions d’euros pour atteindre 77 millions d’euros. L’année prochaine, le Département va devoir verser la moitié des 80 millions d’euros nécessaires au paiement des allocataires du RSA. Je me pose la question : on s’arrête quand ? », a indiqué le président du Département dans un communiqué.

Sébastien Lecornu menace ainsi de ne plus verser « les dizaines de millions dont a besoin la CAF (Caisse d’allocations familiales) pour payer les allocataires du RSA. » Objectif : mettre l’État « face à ses responsabilités ». En transférant cette compétence aux Départements, l’État devait compenser le coût de ces allocations. Mais depuis le gel de la participation de l’État, l’écart entre le coût du RSA et les recettes provenant de l’État n’a cessé de s’accroître, engendrant des difficultés financières pour certaines collectivités.

Un service anti-fraude, une multiplication des contrôles…

Mais l’État n’est pas la seule cible de Sébastien Lecornu. Le jeune président du Département compte s’attaquer aux fraudeurs. Il a annoncé, lundi 5 octobre, la création d’un service anti-fraudes, qui demandera de nouvelles pièces administratives qui ne sont actuellement pas réclamées pour ouvrir des droits : avis d’imposition sur le revenu, avis de taxe d’habitation, attestation de la banque de non-détention de produits de placement…
Une nouvelle convention doit également être signée avec la CAF pour multiplier les contrôles. « Je n’ai pas peur de stigmatiser les tricheurs. Ce combat contre la fraude, c’est avant tout un combat pour la justice et l’équité républicaine », a-t-il justifié.

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