Crise agricole. 24 mesures pour les éleveurs, le Plan d'urgence du Gouvernement

Mercredi 22 juillet 2015, le Gouvernement a annoncé un « plan d'urgence » pour venir en aide aux agriculteurs en difficulté financière. 600 millions d’euros seront débloqués.

Mise à jour : 22/07/2015 à 16:55 par La Rédaction

(©LouBenoist)
Le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll s'est entretenu avec les représentants des syndicats agricoles, à Caen (Calvados), mardi 21 juillet 2015. (©LouBenoist)

Mercredi 22 juillet 2015, le Gouvernement a annoncé un « plan d’urgence » face à la crise économique qui touche les agriculteurs. Un arsenal de mesures qui devrait permettre d’aider « les éleveurs les plus en difficulté ».
En Normandie, les éleveurs sont mobilisés depuis le lundi 20 juillet 2015, bloquant plusieurs axes routiers dans la région, paralysant ainsi la circulation. Ils dénoncent « la mauvaise répartition des marges », et notamment la baisse des prix des produit, imposée par la grande distribution.

600 millions d’euros débloqués

Selon Le Monde, le gouvernement a décidé de débloquer 600 millions d’euros d’aide pour les éleveurs français. Ces fonds entrent dans le cadre du plan d’urgence en discussion, depuis le lancement du mouvement de contestation. Ce plan d’urgence, finalisé avant présentation au Conseil des ministres compte « 24 mesures regroupées en six axes, mêlant actions conjoncturelles et structurelles ». Parmi les 600 millions d’euros annoncés, 100 millions serviront à l’annulation de charges et de cotisations et 500 millions de reports.
Le rééchelonnement des dettes agricoles sera également au cœur des discussions.

Des syndicats satisfaits ?

Dès le lundi 20 juillet 2015, les éleveurs du Calvados avaient posé un ultimatum au ministre de l’Agriculture. Certains axes routiers seront bloqués, tant que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ne se sera pas rendu, en personne, à Caen, afin d’entendre leurs revendications.
Après 24h d’attente, le ministre s’est finalement déplacé à Caen, mardi 21 juillet 2015 : « Je suis conscient de la situation de crise des trois filières agricoles. J’ai écouté les revendications de chacun, mais nous prendrons des décisions, une fois le rapport du médiateur rendu » avait-il déclaré à la presse lors de sa venue dans la capitale Bas-normande. Malgré la visite du ministre, les agriculteurs étaient toujours mobilisés en Normandie, mercredi 22 juillet 2015, estimant vouloir « des solutions concrètes » de la part du gouvernement.

24 mesures annoncées

Parmi les différentes mesures dictées par le plan d’urgence du gouvernement, et présenté par Le Parisien, le premier point concerne « la mobilisation des abatteurs transformateurs, industriels laitiers et acheteurs de la grande distribution pour respecter la hausse de prix auxquelles ils se sont engagés ». Une mesure très attendue des agriculteurs qui clament depuis le début de semaine devoir vendre à perte leur viande, tandis que des produits issus de pays étrangers intègrent le marché français.

Parmi les autres points mis en avant dans le plan d’urgence, sur le plan financier, l’État s’engage :
- à une restructuration de l’ensemble des dettes à moyen et long terme, en collaboration avec les banques, notamment «auprès des jeunes agriculteurs et récents investisseurs », comme l’a déclaré le ministre Stéphane Le Foll, mercredi 22 juillet 2015
- à restructurer cette  cette dette par la prise en charge de l’Etat des charges financières des éleveurs le plus en difficulté
- garantir un report sur demande de la prochaine échéance de paiement des cotisations personnelles et employeurs de sécurité sociale
- à mobiliser le dispositif du Fonds national de gestion des risques agricoles, face à la sécheresse et la canicule
- à procéder à une remise gracieuse sur demande des taxes foncières des éleveurs en difficulté.

Energie nouvelle et valorisation de la viande française

Concernant les mesures pour le marché national, l’accent est mis sur le déblocage de 10 millions d’euros, pour la promotion de la viande bovine, porcine et les produits laitiers, sur le marché national comme dans d’autres pays. d’autres mesures concernent notamment :
- la facilité pour les collectivités faisant de la restauration collective de se fournir en produits locaux
- la mise en place d’une plateforme commerciale “France Viande export” regroupant les opérateurs français et ayant pour but, notamment de promouvoir la viande française, et d’assurer sa visibilité.

Enfin, des mesures sont prises en faveur de la transition énergétique dans les exploitations agricoles, en assurant ainsi d’autres formes de revenus aux éleveurs, avec notamment la méthanisation ou le photovoltaïque.

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