Les Authieux-sur-le-Port-Saint-Ouen Carte. Contournement Est de Rouen : un nouveau tracé

L'association APACHE propose une alternative au tracé du contournement Est, prôné par les services de l’État. Un tracé court qui épargnerait plusieurs villages et leurs habitants.

Mise à jour : 29/11/2012 à 18:18 par Isabelle Villy

Le tracé prôné par les services de l'Etat et présenté en octobre dernier à la préfecture ne convient pas à l'association APACHE, qui proposé aujourd'hui un tracé plus court de dix kilomètres.
Le tracé prôné par les services de l'Etat et présenté en octobre dernier à la préfecture ne convient pas à l'association APACHE, qui proposé aujourd'hui un tracé plus court de dix kilomètres.

Le contournement Est est plus que jamais au cœur de l’actualité. Avec l’incendie survenu sur le pont Mathilde le 29 octobre dernier et la fermeture de ce dernier pour une durée encore indéterminée à ce jour, chacun attend avec anxiété, surtout les automobilistes et chauffeurs de poids lourds, de savoir quelle solution sera apportée pour remédier aux intenables problèmes de circulation de l’agglomération rouennaise.

L’association APACHE opposée au tracé retenu

Le 19 octobre dernier, le Comité de Pilotage (COPIL) du Contournement s’est réuni en Préfecture, pour prendre connaissance du tracé préconisé par l’État… un tracé qui épargne effectivement la célèbre violette de Rouen, mais qui rencontre l’opposition de l’Association Préservons un Air de Campagne, basée aux Authieux sur le Port Saint-Ouen et plus connue sous le nom d’APACHE. Une association présidée par François Lorin, lui-même habitant des Authieux sur le Port-Saint-Ouen, qui affirme ne pas faire de l’opposition pour l’opposition et est bien consciente de la nécessité d’améliorer les flux routiers.

C’est pour cette raison, qu’avec les élus, les décideurs des départements de l’Eure et de Seine-Maritime et les habitants concernés, l’association a réfléchi à un tracé court, qui épargnerait quelques villages et surtout l’environnement. Ce que le tracé retenu de l’Etat « gâcherait » à tout jamais, estime François Lorin. Ce tracé présenté lors du Comité de Pilotage, s’il se concrétise, passerait en effet à Port-Saint-Ouen en touchant la RN15, près des villages de Gouy, Ymare et les Authieux qu’il couperait en deux, puis il enjamberait la Seine avec un viaduc à deux fois deux voies.

« Le tracé court que nous proposons pour relier l’A28 et l’A13 est le résultat d’une concertation et d’une réflexion menées depuis 2006 et vise justement à trouver un consensus, qui fait hélas défaut depuis plus de trente ans. C’est pourquoi nous proposons ce tracé alternatif, qui permettra de ne pas dénaturer durablement l’environnement et qui sauvera quelques villages », indique François Lorin.

Favorables à un contournement du grand Rouen…

Selon l’association APACHE en effet, le tracé actuel et préconisé par les services de l’Etat, ne prend finalement en compte que « la préservation de la biodiversité » et entraînera « un gâchis humain et environnemental insupportable ».

« Nous sommes évidemment favorable à un contournement du grand Rouen, pour désengorger la ville de tout le trafic de transit. Mais il faut également dans ce cas, pour rejoindre l’A13, penser également à désenclaver la Vallée de l’Andelle, dans l’Eure », argumente François Lorin, qui souligne que ces deux problématiques sont liées.

Une désinformation « scandaleuse »

Le président de l’association APACHE estime qu’il faut « remettre de la raison » dans ce projet de contournement, qui ne doit pas être fait « n’importe comment, à n’importe quel prix ». Selon lui, l’annonce faite en octobre dernier en préfecture n’était d’ailleurs pas une surprise et il reste convaincu que ces derniers mois, les services de l’État ont tout simplement fait de « la désinformation ».

« L’État a laissé croire que le tracé passant par Saint-Adrien était toujours possible, beaucoup l’ont cru et pendant ce temps-là, ils travaillaient sur le tracé de Port Saint-Ouen. C’est à mon avis scandaleux, en ce sens que les services de l’État se sont engagés lors du débat public de 2005, à tenir le public informé », explique François Lorin, très mécontent de cette situation.

Et pourtant, des alternatives existent donc, qui pourraient amener à ce consensus tant recherché. Le tracé court proposé aujourd’hui par l’association APACHE en est la preuve.

« C’est une solution moins impactante, et pour l’environnement, et pour les habitants. Ce tracé offre de plus l’avantage de faire 10 kilomètres de moins que celui préféré par l’État, ce qui financièrement, n’en est que plus appréciable, quand on considère que le contournement proposé lors du Comité de Pilotage a été chiffré à 1,2 milliards d’euros », insiste François Lorin.
L'association propose un tracé court, "moins impactant pour la population" et permettant de faire de substantielles économies.
L'association propose un tracé court, "moins impactant pour la population" et permettant de faire de substantielles économies.

Délaissant Port Saint-Ouen, les Authieux et « l’impensable » projet de viaduc, qui passerait au-dessus d’habitations, avec tous les risques que cela suppose, le tracé court de l’association APACHE passerait finalement quelques 500 mètres plus loin et prendrait en compte quelques aspects logiques et économiquement intéressants, comme celui de passer à proximité de Sotteville-sous-le-Val, non loin d’une voie ferrée existante, ou encore d’Alizay et Pîtres, où existe justement un projet de plate-forme logistique dite « multi-modale ».

Réinitier un débat public

Tous ces éléments, l’association compte bien les faire entendre à qui de droit, de manière à ce que ce tracé reçoive l’audience qu’il mérite et qu’un budget y soit consacré pour l’étudier plus en détails.

« Cette alternative que nous proposons aujourd’hui reçoit déjà un pré-consensus et nous pensons qu’elle devrait être soumise à un nouveau débat public. Celui qui s’est déroulé en 2005, ne concernait finalement que les Rouennais, maintenant, il faut y associer ce que l’on nomme le Grand Rouen, c’est-à-dire toutes les communes de l’agglomération, sans oublier les communes de la Vallée de l’Andelle, dans le département de l’Eure, qui doivent aussi être impliquées dans cette réflexion », soutient François Lorin, qui déplore que d’énormes sommes d’argent aient déjà été « englouties » dans des études, pour lesquelles « les élus locaux auraient pu donner des pistes ».