Caen Conseil Régional de Normandie. Hervé Morin, ou l’hyper-président…

Le premier président de la Normandie réunifiée a présenté ses vœux à la presse, vendredi 15 janvier 2016. Hervé Morin veut aller vite, très vite, et s’emparer de tous les dossiers.

Mise à jour : 15/01/2016 à 20:41 par La Rédaction

Hervé Morin, le soir de sa victoires aux élections régionales. (photo : Fabien Massin)
Hervé Morin, le soir de sa victoire aux élections régionales en Normandie. (photo : Fabien Massin)

Si les choses tournent comme il le souhaite, on pourra bientôt le surnommer « l’hyper-président… » Non pas qu’il puisse être comparé à un certain Nicolas Sarkozy du point de vue de la posture politique, mais parce que comme l’ancien président de la République, Hervé Morin, élu premier président du Conseil régional de la Normandie réunifiée, manifeste un appétit d’ogre pour s’emparer des dossiers. Ainsi, veut-il devenir président des Ports Normands, mais aussi des aéroports Normands, et du Mont-Saint-Michel… Il a créé un G6 avec les cinq conseils départementaux (Ndlr : tous de la même couleur politique) et invite les présidents des Agglomérations à le rejoindre. Pour mutualiser les moyens, et créer un groupement d’achats.

« Réformes systémiques »

Hervé Morin (UDI) veut aller vite. L’ambition est louable. Au risque de faire tourner la tête de son équipe, à tout le moins de sa garde rapprochée, le nouvel homme fort de Normandie – tel Guillaume parti conquérir l’Angleterre – veut s’imposer en chef. En patron ! Il écoute, il discute, et il tranche. C’est en tout cas le message qu’il a voulu passer vendredi 15 janvier 2016, à Caen (Calvados), à l’occasion de sa première cérémonie de vœux devant la presse normande.
Avec, omniprésent, le souci de faire avancer les choses. « Nous avons le devoir de gagner en efficacité (…) On nous attend (…) Le chantier est immense car bien qu’on m’ait parfois assuré du contraire, je peux vous dire que la réunification n’avait pas été préparée. .. » Ce tacle vise plus particulièrement Nicolas Mayer-Rossignol, ancien président PS de l’ex-Région Haute-Normandie. Qu’il égratigne encore en glissant « en Haute-Normandie, il ne s’est rien passé sur le terrain de l’investissement… Cela a au moins le mérite de dégager des marges pour enclencher des actions… » Fini le temps du « saupoudrage… Il faut des réformes systémiques ».
Parce qu’il veut guerroyer contre les querelles de clochers, et les débats inutiles, visant la bataille des airs entre les aéroports de Deauville et Caen, Hervé Morin a annoncé qu’il allait créer une structure régionale qui aurait la gestion des cinq infrastructures aéroportuaires de la Région. Fini le syndicat mixte pour Deauville-Saint-Gatien, fini la gestion de Caen-Carpiquet par la Chambre de commerce t d’industrie.

J’ai commencé à évoquer ce sujet avec les élus. Ils y sont favorables. Quant aux chambres de commerce… elles ne sont pas opposées… La concurrence que se livrent Caen et Deauville est absurde. Il faut travailler à une juste répartition. En créant une structure qui chapeaute tous les aéroports, je réglerai le problème. Nous avons l’obligation de mutualiser les moyens.

La bataille du rail

Sur le dossier du ferroviaire, Hervé Morin évoque deux dossiers prioritaires : Paris -Rouen et Paris – Caen –- Cherbourg.

La difficulté est que le ministre des Transports ne pèse pas, et n’obtient rien du ministère des Finances. Donc il n’y aura pas un rond pour les Intercités !

Alors il envisage de proposer un deal à Manuel Valls qu’il rencontra lundi 18 janvier 2016, pour que soit rénové par la SNCF le matériel roulant existant, ou alors la Région investira par avance dans le matériel destiné à la ligne à grande vitesse Paris-Normandie. « Mais ça, c’est un milliard d’euros » ! Une paille. Pour le TER, « il est impensable de mettre 1h45 entre Caen et Rouen. L’objectif, que j’ai annoncé à Guillaume Pépy, le PDG de la SNCF, c’est 1h05 avec la 4G sur tout le parcours pour pouvoir travailler dans le train. Investissement de 150 à 200 millions. Il m’a promis un retour pour le mois de juin. »
Quant à l’organisation territoriale de la nouvelle structure régionale, « trois directions seront installées à Rouen et trois à Caen. Si les deux prochaines réunions plénières du Conseil se tiendront à Rouen, je n’ai pas changé d’avis, c’est bien à Caen que sera implanté le siège du Conseil régional », répète-t-il.
Enfin, Hervé Morin a annoncé qu’il démissionnerai de son siège de député seulement en juillet prochain – donc sans élection partielle car on sera alors à moins d’un an des élections législatives –  pour ne pas risquer de voir sa circonscription tomber aux mains du FN, voire « reprise par le PS qui n’est pas encore complètement mort dans l’Eure ».

Philippe Rifflet

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