Caen Comment la Ville de Caen veut booster le tourisme ? Les chiffres, les projets

Vendredi 9 octobre 2015, la Ville de Caen a présenté un bilan touristique positif et riche en visiteurs. Mais elle espère faire beaucoup mieux en 2016 et dans les années à venir.

Mise à jour : 12/10/2015 à 15:02 par Mathieu Girard

Le château ducal, situé en plein centre-ville, est l'un des fleurons touristiques de Caen (Calvados). La municipalité et l'Office de tourisme vont conitnuer à le mettre en valeur, notamment en 2016, une année qui sera largement dédiée à Guillaume le Conquérant. (Photo : Marjorie Janetaud)
Le château ducal, situé en plein centre-ville, est l'un des fleurons touristiques de Caen (Calvados). La municipalité et l'Office de tourisme vont continuer à le mettre en valeur, notamment en 2016, une année qui sera largement dédiée à Guillaume le Conquérant. (Photo : Marjorie Janetaud)

Vendredi 9 octobre 2015, la Ville de Caen (Calvados) a présenté la bilan de la saison touristique 2015 et dévoilé ses projets pour l’année 2016. Dans cette cité qui ne manque pas d’atouts, le principal challenge de la municipalité et de l’Office de tourisme consistera à mettre ses points forts en valeur, tout en surfant sur la « marque Normandie ».
Nous avons fait le point avec Emmanuelle Dormoy, l’adjointe au maire en charge de la Culture et des monuments historiques, Catherine Pradal, l’adjointe en charge des Ressources humaines et de la formation, et Christophe Marchais, le directeur de l’Office de tourisme.

Le bon bilan de la saison touristique 2015

En juillet 2015, 134 716 personnes ont visité Caen, une augmentation de 6,96 % par rapport à la même période en 2014. En août, 182 660 visiteurs (+6,67% par rapport à 2014) sont venus découvrir la ville. Certains musées et lieux touristiques peuvent se prévaloir d’une hausse à deux chiffres comparée à l’année précédente :

  • Abbaye-aux-Hommes : + 131,1 % en juillet, et + 87,26 % en août ;
  • Musée de Normandie et Château : + 68,70 % en juillet, et +67,54 % en août ;
  • Musée des Beaux-Arts : + 22,3 % en juillet.

Autre site « star » du territoire, le Mémorial a également réalisé un très bel été avec 103 378 visiteurs en deux mois. De son côté, l’Office de tourisme a accueilli 88 772 personnes, soit une augmentation de 5,15 % par rapport à 2013. Pourquoi 2013 ? « 2014 n’est pas une référence, car c’est une année au cours de laquelle ont eu lieu les événements majeurs que sont l’anniversaire du Débarquement et les Jeux Équestres Mondiaux qui ont eu un impact important sur notre fréquentation », justifie Christophe Marchais. Néanmoins, 2014 a boosté 2015, notamment auprès de la clientèle étrangère. « Cette année, nous avons accueilli plus de Belges et de Hollandais, mais aussi plus d’Allemands et de Chinois. » 
À noter également le succès de la manifestation dédiée aux arts de la rue, Éclat(s) de rue, qui a cumulé 29 000 spectateurs, et le triomphe des représentations de la compagnie Actéa à l’Hôtel Escoville, qui ont quasiment fait le plein à chaque fois.

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Une nouvelle signalétique et Caen sur RTL

Première « nouveauté », qui semble aller de soi, la Ville de Caen et l’Office de tourisme avancent main dans la main. « La nouvelle équipe municipale a souhaité renforcer le travail commun sur la problématique du tourisme, avance Catherine Pradal. Les services et les élus doivent être ensemble pour monter des projets et essayer d’apporter une nouvelle dynamique au tourisme local. » 
Premier grand chantier de cette équipe unie : la signalétique. « Les touristes sont un peu perdus en ville car nous avons une signalétique trop diversifiée. Elle sera revue afin de faciliter les déplacements entre le Mémorial, qui attire 400 000 visiteurs par an, et le centre-ville de Caen. » L’idée est d’éviter que les touristes visitent le musée mémoriel et filent directement vers les plages du Débarquement sans passer par les « cases » château de Caen et abbayes. Pour atteindre son but, la Ville va consentir un investissement de 30 000 euros par an, de 2015 à 2020. L’objectif est de retenir les touristes le plus longtemps possible, de les inciter à déjeuner à Caen, voire même, à y dormir.

De gauche à droite :  Emmanuelle Dormoy, l'adjointe au maire en charge de la Culture et des monuments historiques, Christophe Marchais, le directeur de l'Office de tourisme, et Catherine Pradal, l'adjointe en charge des Ressources humaines et de la formation. (Photo : Mathieu Girard)
De gauche à droite : Emmanuelle Dormoy, l'adjointe au maire en charge de la Culture et des monuments historiques, Christophe Marchais, le directeur de l'Office de tourisme, et Catherine Pradal, l'adjointe en charge des Ressources humaines et de la formation. (Photo : Mathieu Girard)

Afin d’accroître l’attractivité de la ville, la municipalité reverse aussi une partie des taxes de séjour (157 000 euros en juin 2015) au groupement d’intérêt général Destination Caen Normandie. Son rôle se traduit essentiellement par des actions de communication au niveau national, avec notamment un  partenariat avec la radio RTL qui a débuté en avril 2015.

Le dimanche soir, nous y proposons des séries d’interviews de personnalités locales : on peut y entendre les responsables du Cargö et du Théâtre de Caen y présenter leurs saisons, mais aussi l’annonce de grands événements comme les Courants de la Liberté et le salon du livre Époque. C’est une façon de faire connaître aux Parisiens ce qui se passe chez nous. Il faut que la notion qu’il se déroule toujours quelque chose à Caen entre dans la tête des auditeurs.

Le « Club croisières » est en marche

Pour Catherine Pradal, le constat est sans appel :

Nous avons un port et quelques bateaux de croisière qui s’arrêtent. Je vais parfois à Portsmouth (Ndlr : ville anglaise jumelée avec Caen), et son maire m’a annoncé qu’ils avaient huit millions de visiteurs par an, dont 1 million par ferry. Ils accueillent 24 escales, et nous, seulement cinq. Nous avons donc décidé de créer un Club croisières afin de capter cette clientèle. L’objectif est d’aller à la rencontre des armateurs dans les salons et de monter des opérations pour faire venir des croisiéristes. Mais cela implique aussi que la Ville, les commerçants et que tout le monde se remette en cause : il faut qu’on ait quelque chose à proposer aux passagers d’un bateau qui arrive un dimanche.

La première assemblée générale de ce club a eu lieu cette semaine. Il regroupe la Ville de Caen, les Ports normands associés, la CCI Caen Normandie, la Ville de Ouistreham,  Calvados Tourisme, et les Offices de tourisme de Caen et Ouistreham.

2016, l’année de Guillaume

Un objectif : s’approprier Guillaume ! « La Ville de Caen va enfin mettre son Roi d’Angleterre en avant », affirme Catherine Pradal. Un groupe de travail est déjà à pied d’œuvre pour que 2016 soit l’année de cette figure de l’histoire caennaise. 
De nombreux événements sont envisagés :

On réfléchit à des circuits autour des abbayes. On espère que le Carnaval des étudiants va adopter cette thématique : ils ont toujours plein d’idées, donc on peut compter sur eux pour les déguisements. Il y aura aussi des animations au sein du château, sur les remparts et sur la place Saint-Sauveur. On peut aussi imaginer un petit festival du film médiéval, un grand banquet médiéval au château, un marché médiéval à Noël, etc.

Dès la semaine prochaine, les grands axes de cette « année Guillaume » seront définis afin d’impliquer l’ensemble des partenaires de la Ville. L’objectif est que le Normandie soit à l’unisson pour cette année anniversaire. Et les Anglais ? « Hastings a déjà prévu pas mal de choses pour le 14 octobre. Nous en sommes encore à réfléchir avec eux. Mais il est certain que nous n’allons pas travailler en les laissant seuls dans leur coin. »

Cinq grands événements culturels mis en avant

Toujours dans l’objectif de développer son attractivité, la municipalité a décidé d’identifier et de s’appuyer sur quelques temps forts de la saison culturelle. Emmanuelle Dormoy entend travailler sur leur valorisation et leur capacité d’impact :

Nous allons poursuivre nos efforts sur Éclat(s) de rue : les arts de la rue ont une vraie présence et une circulation à l’échelle de la grande Normandie. En ce qui concerne Nördik Impakt, nous collaborons depuis un an avec l’équipe du Cargö pour recentrer l’événement et favoriser son retour aux origines. L’année dernière, nous avons également renforcé le festival d’art contemporain ]interstice[, qui a un bel impact en terme de rencontres dans des lieux du patrimoine. Et n’oublions pas le salon du livre Époque que nous associons au tourisme de mémoire et à aux thématiques fortes de la pensée et du débat.

Sans oublier Les Boréales, que le maire, Joël Bruneau, citait régulièrement comme un événement culturel de référence lors de sa campagne en 2014. « Nous avons un gros travail à mener en direction des pays nordiques. Nous travaillons actuellement sur un projet de convention avec une ville suédoise, dévoile Catherine Pradal. Nous avons des vues sur deux cités similaires à Caen, étudiantes et au fort potentiel économique. »

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