Rouen Circulation à Rouen : ces élus ont des idées

Conseil municipal à Rouen, ce vendredi 23 novembre. Les élus écologistes déposeront une motion d'urgence et les communistes demandent 10 millions d'euros à l'Etat. Détails.

Mise à jour : 22/11/2012 à 19:26 par Isabelle Villy

Depuis l'incendie sur le pont Mathilde, qui a entraîné sa fermeture, la circulation dans Rouen est devenue un casse-tête insoluble.
Depuis l'incendie sur le pont Mathilde, qui a entraîné sa fermeture, la circulation dans Rouen est devenue un casse-tête insoluble.

L’incendie survenu sur le pont Mathilde, le 29 octobre dernier, et les problèmes insolubles qu’il a générés en terme de circulation sont toujours au cœur de tous les débats à Rouen et dans l’agglomération.
« La gratuité est un appel aux voitures en ville, et cela aggrave la situation de tout le monde », déclarait ainsi Yvon Robert, maire de Rouen, ce mercredi 21 novembre. Le stationnement gratuit des véhicules sur les quais bas rive gauche, c’est désormais terminé ! « L’objectif n’est pas de faire payer les gens, mais de les inciter à utiliser les parkings relais », insistait-il.
Au conseil municipal de Rouen, ce vendredi 23 novembre, le groupe Europe Écologie-Les Verts proposera une motion d’urgence, tandis que les élus communistes préconiseront de leur côté une série de propositions à étudier en toute urgence.

Du court terme et du long terme réclamé par Les Verts

Le court terme est évidemment à trouver du côté des transports en commun, selon les élus écologistes, qui estiment qu’il est urgent de procéder aux mesures suivantes, quelques-unes étant incitatives pour les futurs usagers :

« Nous proposons l’extension à 2 h du temps de validité du ticket après validation (Ndlr. Il est actuellement fixé à 1 h), mais il faudrait aussi qu’une grille tarifaire sociale des transports en commun soit élaborée », souligne le groupe des Verts.

Concernant les transports en commun, les élus écologistes estiment qu’il faut « améliorer l’amplitude horaire et la fréquence des lignes de bus ». Un débat qui coince justement du côté de la TCAR et qui était au centre d’une grève perlée qui a duré tout le mois d’octobre.
Les écologistes insistent également sur le fait que « les entreprises et les administrations ont obligation de financer à hauteur de 50% les abonnements des transports en commun pour leurs salariés » et s’agissant des employeurs, les élus estiment qu’il serait également urgent de repenser la « problématique des horaires de travail et leur impact sur la circulation ».

Autre piste, à mener de façon complémentaire : l’usage du deux roues.

« Il faut permettre l’accès des vélos aux voies TEOR, l’augmentation des parkings et arceaux pour vélo et mettre en œuvre le Schéma directeur des aménagements cyclables ».

Ces mesures prises, les Verts souhaitent qu’un débat et des études soient menées et avancent des idées :

« Rouvrir ou renforcer les gares SNCF comme celles de Darnétal, Rouen Rive Gauche, Sotteville, Malaunay sur les sillons libres et existants, mettre en place de nouvelles lignes de transport en commun structurantes de type TEOR dans le contrat d’agglo ».

Autre piste, tout aussi indispensable pour les élus Verts : engager « une réflexion sur le stationnement et la circulation » et « raccorder le pont Flaubert et la Sud III, pour finir le contournement ouest, qui correspond aux besoins de la zone industrielle et du port, situé à l’est de la ville ».

Les communistes demandent 10 millions d’euros à Jean-Marc Ayrault

Favoriser le débat d’idées et surtout « ne rien s’interdire » : c’est un peu l’état d’esprit qui guide les élus communistes dans cette situation particulière, que Rouen et son agglomération expérimentent ces dernières semaines. Et d’entrée, ils demandent :

« Une avance de 10 millions d’euros à l’État, pour les travaux et le financement que doivent assurer et supporter les collectivités ». Ils ont à cet effet formulé une demande par courrier au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Sinon, leurs propositions rejoignent celles des Verts, s’agissant des mesures incitatives à l’utilisation des transports en commun, souhaitant même une gratuité pendant le temps de la fermeture du pont Mathilde.

Mais ils insistent également sur le fait qu’il est urgent de réaliser le contournement Est et de penser à « une utilisation accrue de la Seine » et du ferroutage.

« L’exigence de la réalisation du contournement est de la plus grande actualité. Cette nouvelle voie de circulation reliant l’A28 et l’A13 permettra de faire passer à l’extérieur de l’agglomération rouennaise de nombreux poids lourds, qui aujourd’hui transitent par le centre de Rouen ».
(Ndlr : Un plan de circulation des poids lourds dans l’agglomération rouennaise avait été décidé en urgence par le préfet de Seine-Maritime après l’incendie du pont Mathilde. Il est toujours en vigueur. Celui-ci interdit la circulation des poids lourds dans le centre-ville de Rouen.)

Les élus rappellent toutefois que ce contournement doit respecter certains impératifs.

« Il est primordial que son tracé respecte scrupuleusement l’intérêt des populations, le cadre, la qualité de vie et les ressources naturelles. Il ne doit pas couper la zone d’activités Seine-Sud, située sur les communes de Saint-Étienne-du-Rouvray, Sotteville et Oissel, ni entraver son développement potentiel ».