Paluel Centrale nucléaire de Paluel. 500 millions d'euros de travaux, et l'inquiétude des habitants

500 millions d'euros pour renforcer la sécurité de la centrale nucléaire de Paluel. Trente ans après sa mise en service, la centrale de Seine-Maritime inquiète les habitants.

Mise à jour : 14/03/2016 à 09:35 par Sandra Beaufils

Trente ans après la mise en service de la centrale de Paluel, des contrôles et examens poussés vont être menés pour ajouter de nouveaux systèmes de sûreté.
Trente ans après la mise en service de la centrale de Paluel, des contrôles et examens poussés vont être menés pour ajouter de nouveaux systèmes de sûreté.

Mise en service en 1985 et forte de 4 réacteurs, la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), a débuté son grand carénage en mai 2015. Ce programme spécifique de maintenance, de contrôle et d’installation de nouveaux dispositifs de systèmes de sûreté et de sécurité, durera une dizaine d’années et devrait coûter au moins 500 millions d’euros.
Une réunion publique a été organisée par la Commission locale d’information nucléaire (CLIN), pour permettre aux habitants de comprendre les enjeux de ce grand carénage, destiné à prolonger la durée d’exploitation des réacteurs. Les associations anti-nucléaires ont exprimé leurs craintes.

2 000 salariés pour la phase de travaux

Ce sont environ 2 000 personnes qui arrivent progressivement sur le territoire pour la réalisation des travaux. Un chiffre important pour un territoire rural comme le nôtre », rappelle Gérard Colin, le président de la communauté de communes de la Côte d’Albâtre.

Les élus des 38 communes, qui représentent un total de 22 000 habitants, ont dû s’organiser pour accueillir au mieux ces nouveaux salariés. Une charte Albâtre énergie a été signée avec EDF et la collectivité, pour permettre aux entreprises de la région de se préparer à saisir les opportunités ouvertes par ce vaste chantier.

Le spectre de Fukushima

Dans le cadre de ce grand carénage, des contrôles et examens poussés vont être menés pour ajouter de nouveaux systèmes de sûreté (l’impact de l’exploitation de la centrale sur les populations) et de sécurité. L’expérience des 10 dernières années d’exploitation de la centrale est prise en compte.
S’ajoute, pour ce grand carénage, le retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima. Les installations seront ainsi modernisées pour répondre aux standards de sécurité actuels et le tout sera supervisé par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), organisme indépendant, qui doit autoriser la remise en fonctionnement de chaque réacteur en fin de travaux.

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Des annonces qui ne rassurent pas les militants

Le directeur de la centrale de Paluel annonce ainsi « des améliorations significatives en matière de sûreté notamment en cas d’agressions : grand vent, inondation, explosion interne ou externe ».
Une annonce qui ne convainc pas les membres des associations présents dans la salle : Greenpeace, Réseau sortir du nucléaire, Stop EPR ni à Penly ni ailleurs, association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest…

La Belgique a découvert, il y a quelques mois, des soucis que personne ne pouvait imaginer sur les cuves. Il serait donc souhaitable de faire un contrôle complet des cuves à Paluel, sur l’ensemble de leur surface et sur toute l’épaisseur. Et qu’en est-il de la bunkerisation de la cuve et de la piscine pour assurer la sûreté en cas d’attaque terroriste ? Paluel n’a pas ce bunker et il n’est pas prévu dans ce grand carénage », s’étonne Yannick Rousselet, de Greenpeace.

Martine Laquiez, sous-préfète de Dieppe s’est voulue rassurante en précisant qu’un peloton de gendarmerie était spécialement entraîné pour intervenir sur la centrale et qu’en cas d’intrusion dans l’espace aérien des centrales de Seine-Maritime, les avions de chasse de la permanence opérationnelle pourraient intervenir en quelques minutes.
Mais Greenpeace s’inquiète aussi des délais de mise en place des éléments de sûreté et de sécurité post-Fukushima, qui peuvent prendre plusieurs dizaines d’années.

« Une peur irrationnelle du nucléaire »

En dehors du territoire, il a également été question du retraitement des déchets de la Hague et de possibles défauts sur la cuve de Flamanville (Manche). En fin de réunion, l’ambiance s’est tendue alors qu’Alain Corréa de Stop EPR ni à Penly ni ailleurs demandait la médiatisation des réunions plénières de la CLIN.

Il y a une peur irrationnelle du nucléaire. Ce qu’on peut comprendre, parce que les risques sont sournois et les effets à retardement, mais il faut retrouver la confiance », a répondu la sous-préfète.

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