Vénosc Avalanche aux Deux-Alpes. Imprudence mortelle sur la piste noire. Le point sur l'enquête

Une avalanche survenue sur une piste des Deux-Alpes (Isère), mercredi 13 janvier 2016, a emporté des skieurs, dont un groupe d'une dizaine d’élèves lyonnais. Polémique.

Mise à jour : 14/01/2016 à 13:54 par La Rédaction

Illustration de l'article : Une avalanche en Isère fait 3 morts dont deux lycéens
Des équipes de secours sur une piste après une avalanche, le 13 janvier 2016 aux Deux-Alpes ( ©AFP/STRINGER )

Avalanche en Isère. Outre les deux élèves – une jeune fille de 16 ans et un garçon qui a succombé à ses blessures à l’hôpital – un Ukrainien extérieur au groupe scolaire ont trouvé la mort dans la coulée de neige, survenue mercredi 13 janvier 2016. Polytraumatisé, le professeur accompagnant ces élèves de première « option sports  a été hospitalisé à Grenoble mais son pronostic vital n’est pas engagé.

Pour quelle raison, l’accompagnant, qui est lui-même blessé, les a amenés sur cette piste non ouverte (…) c’est l’enquête judiciaire qui le dira », a commenté le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, sur Europe 1.

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« Comment peut-on imaginer d’emmener des enfants, après des périodes de neige forte, sur une piste qui était fermée ? », s’est-il interrogé tandis que le risque d’avalanches était connu. Une enquête de flagrance a été ouverte, confiée à la gendarmerie. Outre la raison pour laquelle ces élèves se trouvaient sur la piste, elle devra aussi déterminer comment, ou par qui, la coulée de neige a été déclenchée. Selon le colonel Jean-Luc Villeminey, commandant du groupement de gendarmerie de l’Isère, la fermeture de la piste était « matérialisée » par des filets. Les adolescents faisaient partie d’un groupe de 19 élèves et trois encadrants du lycée Saint-Exupéry de Lyon. Dix des élèves et un professeur ont été concernés par l’accident. Sains et saufs, tous les autres adolescents ont été reconduits en car à leur lycée où les attendaient en fin de soirée leurs parents, soutenus par des dizaines de camarades et leurs professeurs, ainsi que la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. « Toute la lumière sera faite sur les circonstances de ce drame », a déclaré la ministre à la presse, appelant à « respecter l’intimité des familles et le temps de deuil ». Des dizaines de lumignons étaient allumés devant la grille du lycée où était accroché ce message : « une pensée aux Premières option sport. Courage aux victimes et aux élèves. Courage aux familles, restez forts ».

Une piste noire qui était fermée

L’avalanche s’est déclenchée à 15h45, mercredi 13 janvier 2016, sur une piste noire de la station dans le secteur de Bellecombe, fermée depuis le début de la saison. Une personne, « bousculée » par la coulée, en est ressortie indemne. D’importants moyens de secours avaient été mobilisés : Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’Isère, compagnie de gendarmerie de La Mûre, moniteurs et pisteurs de la station, hélicoptères et maîtres-chiens d’avalanche. Les recherches ont été levées en fin de soirée après que les secours se furent assurés que personne ne pouvait encore être sous la neige. « On est quasiment certain qu’il n’y a plus personne » enseveli, avait déclaré peu avant Jérôme Grange, commandant du PGHM de l’Isère. La station des Deux Alpes est située dans l’Oisans, à une soixantaine de kilomètres de Grenoble, et s’élève jusqu’à 3 600 mètres d’altitude. Après les premières importantes chutes de neige de la saison, début janvier, les autorités avaient mis en garde contre un risque élevé d’avalanches dans les Alpes.
« C’est un cas typique de plaque à vent, c’est-à-dire d’une plaque de neige formée par le vent très fort des derniers jours. La neige fraîche a trop peu adhéré », a expliqué à l’AFP Dominique Létang, directeur de l’Agence nationale pour l’étude de la neige et des avalanches.
« Ce qui interpelle, c’est le nombre de gens impliqués alors qu’on répète sans arrêt qu’il faut passer un par un quand il y a une instabilité du manteau neigeux. Cela fait rager. Le risque d’avalanche était de trois sur une échelle de cinq », a-t-il ajouté. Il devait passer à quatre sur cinq jeudi, selon la préfecture. En début d’année, quatre personnes avaient déjà péri dans les Alpes dans des avalanches: deux alpinistes lituaniens, le 3 janvier en Haute-Savoie, au-dessus d’Argentière, puis un skieur espagnol et un skieur tchèque le 5 janvier en Savoie.

Source : © 2016 AFP / Par Benoit PAVAN, Gregory DANEL.
Les Deux Alpes (France) (AFP)

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