Trouville-sur-Mer Calvados. Licencié pour une affiche de Dieudonné ? Un professeur de boxe aux prud'hommes

La MJC de Trouville-sur-Mer (Calvados) a rendez-vous devant les prud'hommes après le licenciement de son prof de boxe. Il aurait (notamment) fait de la publicité pour Dieudonné.

Mise à jour : 13/01/2016 à 09:08 par Lou Benoist

(©WikimediaCommons)
L'affichage d'un spectacle de Dieudonné par un professeur aurait été considéré comme une « faute grave » par une association de Trouville-sur-Mer (Calvados) (©WikimediaCommons)

Fin 2015, la Maison des jeunes de Trouville-sur-Mer (Calvados) a licencié son professeur de boxe Thaïlandaise. Une décision qui est portée devant le Conseil des prud’hommes de Lisieux en février 2016. L’avocat du boxeur, Me Didier Frigassi, souhaite revoir les motifs du licenciement de son client et reproche notamment à l’association d’avoir considéré l’affichage d’un spectacle de l’humoriste Dieudonné comme « une faute grave ».
L’humoriste français, polémiste, a été condamné à deux mois de prison ferme et 9 000 euros d’amende, à Liège (Belgique), en novembre 2015, pour « incitation à la haine » lors d’un spectacle à Herstal (Belgique), en 2012. En 2014, son dernier spectacle, « Le Mur », avait été déprogrammé à Nantes, Tours et Orléans, pour des propos « antisémites et infamants ». Janvier 2016, l’humoriste réclame une indemnisation de trois millions d’euros. L’affaire n’est pas classée.

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Aux prud’hommes pour une affiche de Dieudonné ? Pas seulement répond l’association

L’avocat du professeur de boxe s’insurge :

Mon client n’a pas fait la “propagande” des propos de Dieudonné, il a simplement affiché, à la demande de ses élèves, une publicité pour un spectacle de Dieudonné. Je ne vois pas en quoi cela peut-être un motif de licenciement, et, pourtant, c’est l’un des motifs principaux. Cela n’est pas une faute grave, selon moi », tempête Me Frigassi sur Normandie-actu.

De son côté, la Maison des jeunes refuse cette seule justification : «  Il y a plusieurs motifs à ce licenciement, que Me Figassi n’évoque pas. Certes, cette affiche est l’un des motifs de licenciement, mais il est loin d’être le seul et le principal », défend la présidente de l’association, Brigitte Poitreau.

« Je ne comprends pas pourquoi cela fait polémique »

Je ne conteste pas le fait que le professeur de boxe souhaite revoir les motifs de son licenciement. Il est entièrement dans son droit, mais j’assure que ce licenciement n’a rien d’économique. Je le dis et le répète », insiste Brigitte Poitreau.

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« Ce que je ne comprends pas, c’est qu’il y a des dizaines de licenciements en France chaque jour… Or, c’est la première fois que je licencie quelqu’un de toute ma vie, et cela fait polémique ! », s’étonne la présidente. Je me refuse cependant à rentrer dans ce jeu, et c’est pourquoi je ne fournirai pas toutes les informations concernant les motifs de son licenciement. Il n’y a plus qu’à attendre la conciliation ». Le rendez-vous est fixé au 11 février 2016, à Lisieux.

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