Le Havre Brittany Ferries. Menaces sur l'emploi, au Havre et à Cherbourg, sur le Normandie Express

Les négociations sur l'organisation du travail à la Brittany Ferries tournent mal. La compagnie menacerait de passer sous pavillon anglais, le Normandie Express, au Havre.

Mise à jour : 08/01/2016 à 11:35 par Karine Lebrun

Faute d'accord signé, la direction de Brittany Ferries menacerait de passer le Normandie Express sous pavillon anglais (©Brittany Ferries).
Faute d'accord signé, la direction de la Brittany Ferries menacerait de passer le Normandie Express sous pavillon anglais (©Brittany Ferries).

La direction de la Brittany Ferries, la compagnie maritime bretonne qui propose des liaisons transmanche régulières, menace, suite à un conflit entre syndicats et salariés, de faire passer le Normandie Express - ferry qui assure notamment la liaison entre Le Havre (Seine-Maritime) et Portsmouth et Cherbourg (Manche) et Porsmouth – sous pavillon anglais, si un accord n’était pas rapidement conclu entre la CFDT, la CGT et le personnel naviguant de la flotte. Le temps est maintenant compté. Explications.

L’emploi des marins français menacé

Depuis trois ans, des négociations sont en cours au sein de la compagnie pour trouver une nouvelle organisation du travail. Officiers et personnels hôteliers se sont entendus pour un rythme de sept jours de travail pour sept jours de repos. Les sédentaires ont trouvé aussi un accord. Seul le personnel dit de conduite, les marins des ponts et machines, n’ont pas réussi à s’entendre. Ils étaient favorables eux aussi au rythme 7/7, quitte à perdre la demi-heure « casse croûte » jusqu’alors payée, mais les représentants du personnel du comité d’entreprise ne l’ont pas entendu de cette oreille. Résultat, faute de compromis, la direction de la Brittany Ferries aurait fait le choix à partir du 1er janvier 2016, d’appliquer pour le personnel des ponts et machines, un rythme de quatre jours de travail en mer pour trois jours de repos. Mais, pour équilibrer ses comptes, elle aurait menacé de faire passer sous pavillon anglais, plus économique, le Normandie Express.

C’est l’emploi d’une partie de nos salariés qui se trouve directement menacé », explique Paul Golain, secrétaire général du syndicat CFDT maritime.

Les salariés refusent toute action en justice

Les délégués du personnel ont alors opté pour le lancement d’une procédure en référé pour non respect des délais de consultation. Mais le personnel naviguant s’est opposé à cette démarche jugée inadaptée et prise sans consultation avec la base. Mardi 5 janvier 2016, des salariés, pour montrer leur opposition et leur crainte quant à leur avenir, ont organisé un temps de parole et lancé une pétition pour demander instamment l’arrêt de cette procédure judiciaire.

La direction a suscité la peur. D’autant qu’elle a évoqué la possibilité de mettre tous ses bateaux à quai, si aucun accord n’était négocié rapidement. C’est ce qui a entraîné cette réaction du personnel naviguant », regrette Paul Golain.

Un vote à bulletin secret dans 15 jours

Cependant, le syndicat majoritaire CFDT  a organisé à Rennes, mercredi 6 janvier 2016, un temps d’échange avec les différents collèges CFDT de la compagnie maritime pour parvenir à sortir de l’impasse.

Nous avons décidé de l’organisation d’un vote à bulletin secret des services de conduite sur le projet d’accord les concernant. »

Si un accord est enfin trouvé, la CFDT demandera instamment à la Brittany Ferries de maintenir le Normandie Express sous pavillon français afin de garantir l’emploi de marins français à tous les postes. Le vote devrait pouvoir être organisé à la fin du mois de janvier 2016.

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