Bretteville-l'Orgueilleuse Blessés par une roquette, près de Caen. Les militaires dans l'attente d'indemnités

En 2007, une roquette avait explosé au 18e RT de Bretteville-l'Orgueilleuse (Calvados). Huit ans après, les militaires blessés lors de l'accident attendent encore des indemnités.

Mise à jour : 08/07/2015 à 18:43 par Lou Benoist

(©Côté Caen)
Le jour du drame, le ministre de la Défense, Hervé Morin, était venu au chevet des victimes (©Côté Caen)

En octobre 2007, une roquette avait explosé dans un bureau du 18e Régiment de transmissions de Bretteville l’Orgueilleuse, près de Caen (Calvados). Trois soldats avaient été grièvement blessés à la suite de l’explosion. Un sous-officier de 43 ans, lui-même polycriblé (70 éclats dans le corps), avait reconnu être propriétaire de l’arme (il avait ramené la roquette d’une opération extérieure). Il avait été condamné, en 2013, à huit mois de prison avec sursis.
Lundi 6 juillet 2015, France Info a publié le témoignage de l’un des mutilés et de son avocate. Cette dernière estime que ses indemnités sont insuffisantes, au regard du préjudice causé.

500 000 euros d’indemnités manquantes

C’était un homme athlétique, mince, musclé qui pratiquait beaucoup de sport intensif, qui partait régulièrement en mission à l’étranger dans le service de transmissions auquel il appartenait, et depuis c’est un homme handicapé qui pèse plus de 100 kilos », souligne Nathalie Rivière, l’avocate de Benoît Hotte, l’un des militaires blessés lors de l’explosion.

Selon elle, les indemnités de son client ont été sous-évaluées. Il aurait touché 660 euros de pension d’invalidité, ainsi que 8 000 euros pour le préjudice moral. Une « somme insuffisante » relève l’avocate, qui estime le montant de l’ensemble du préjudice personnel de son client à 500 000 euros :

L’ensemble du préjudice moral n’a pas été pris en compte par l’État : les douleurs, les complications esthétiques, l’absence d’évolution de carrière, etc., précise-t-elle à Normandie-actu. Ce qui est fou, c’est que ces militaires sont moins bien indemnisés qu’une personne qui aurait été blessée dans un accident de voiture », ajoute-elle.

L’un est devenu sourd, l’autre a perdu ses jambes

Depuis juillet 2014, Benoît Hotte attend une « indemnité correcte » de la part du ministère de la Défense, tout comme les deux autres soldats, mutilés lors de l’accident. À la suite du drame, l’un est devenu sourd, et l’autre a perdu ses deux jambes.

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