Boissey-le-Châtel Bébé secoué dans l'Eure. Une nourrice renvoyée devant les assises

La petite Susie, six mois, est morte. Elle aurait été "secouée" par sa nourrice. Ses parents témoignent sur Normandie-actu, en attendant un procès devant les assises de l'Eure.

Mise à jour : 29/10/2015 à 19:15 par Valentine Godquin

Le petite Susie est décédée à l'âge de six mois au CHU de Rouen. (Photo DR)
Le petite Susie est décédée à l'âge de six mois au CHU de Rouen (Seine-Maritime). (Photo DR)

Leur fille, Susie, est décédée à l’âge de six mois. Elle aurait été secouée par sa nourrice, à Boissey-le-Châtel, à une vingtaine de kilomètres de Pont-Audemer (Eure). Les faits remonteraient au lundi 20 février 2012. Allison et Oliver L. attendent aujourd’hui l’ouverture du procès devant la cour d’assises de l’Eure, « pour que justice soit faite» .

Des heures d’audition

La vie d’Allison et Olivier a été bouleversée le lundi 20 février 2012. Avant de partir au travail, la mère de la petite Susie dépose sa fille chez sa nourrice, âgée de 26 ans. Cette dernière habite dans la même rue.

Je devais aller la chercher à 17h, à la sortie de mon travail », se souvient le papa, sur Normandie-actu. « À 15h30 environ, j’ai reçu un appel du mari de la nourrice qui m’informait que ma fille avait eu un malaise, et qu’elle avait été transférée au CHU de Rouen (Seine-Maritime).

Des premiers examens pratiqués sur le nourrisson révèle « une hémorragie au fond de l’œil, et des hématomes intracrâniens ». Trois jours après son arrivée au centre hospitalier, les médecins en charge de la petite annoncent la terrible nouvelle : Susie est en état de mort cérébrale, et rien ne peut la sauver.

Nous avons enterré notre fille le jour de ses 6 mois, sans savoir ce qui s’était passé.

Une autopsie a été pratiquée. L’hypothèse d’un décès « provoqué par des secouements » est évoquée. Les parents et toute personne ayant été en contact avec Susie, le week-end précédent le malaise, sont convoqués à la gendarmerie. « Nous avons tous été auditionnés, chacun pendant trois heures, avec une quantité de questions. Ce n’était vraiment pas facile à vivre. » À cette époque, les parents n’imaginent pas que la nourrice puisse avoir un rapport avec ce qui est arrivé à leur fille.

La nourrice avoue

En octobre 2014, le rapport d’autopsie définitif tombe. Les experts estiment alors que les hématomes de Susie se sont formés dans une plage horaire qui correspondrait au moment où elle se trouvait chez sa nourrice. Placée en garde à vue, elle aurait alors reconnu avoir secoué la petite Susie. Placée sous contrôle judiciaire, elle s’est vue retirer son agrément pour garder des enfants.

Pendant plus d’un an, nous ne savions pas si Susie avait été secouée, ou s’il s’agissait de la mort subite du nourrisson. La nourrice a été la première à bénir le cercueil de notre fille, à l’enterrement. On attend le procès avec impatience, en espérant qu’elle paie. Même si cela ne nous rendra jamais notre fille.

Jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle

L’ordonnance de mise en accusation a été délivrée après l’été 2015. Le jugement de la nourrice se fera devant la cour d’assises de l’Eure. Pour Me Pierre Jalet, l’avocat des parents du nourrisson, l’affaire ne sera jugée, « dans le meilleur des cas qu’au deuxième trimestre 2016 ».

Il n’y a pas de contestation possible sur la responsabilité et les actes de la nourrice. Il s’agirait tristement de secouement d’enfant, par une nourrice impatiente.

L’accusée sera jugée pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle encourt jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle, pour les faits qui lui sont reprochés. Pour les parents, qui ont depuis eu un deuxième enfant, l’attente est terrible.

En plus elle habite toujours au bout de notre rue. Si je veux, je peux la voir tous les jours.  Le pire, c’est qu’elle a eu un autre enfant, qui a le même âge que notre fils. Nous sommes dans une petite commune, et ils seront tous les deux dans la même classe en maternelle.

Me Sandra Gosselin, avocate de la nourrice, n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.

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