Le Havre Au Havre, une web-série pour changer de regard sur Caucriauville

Caucriauville, au Havre, va devenir la scène privilégiée d'une web-série, en cours de préparation. Après plus d'un an de travail, le tournage débutera en août 2015.

Mise à jour : 25/07/2015 à 15:32 par Valentine Godquin

Le tournage de la web-série se fera autour de la tour-réservoir de Caucriauville, au Havre.
Le tournage de la web-série se fera autour de la tour-réservoir de Caucriauville, au Havre.

C’est un projet ambitieux qui se prépare depuis plus d’un an et demi, au cœur du quartier de Caucriauville, au Havre (Seine-Maritime). Le Volcan accueille en résidence pour une durée de deux ans le LFKs collective, originaire de Marseille, pour la création et le tournage d’une web-série, dans un des quartiers les plus peuplés de la cité Océane.
Après de nombreux mois d’échanges et de recueil de témoignages de la population locale, le tournage devrait débuter après le 15 août, pour une durée d’un mois, avec pour point central la tour-réservoir, unique en France.

Donner la parole aux femmes

Un nouveau regard sera posé sur le quartier de Caucriauville.
Un nouveau regard sera posé sur le quartier de Caucriauville.

Directeur artistique et réalisateur de ce projet, Jean-Michel Bruyère, de LFKs collective, travaille sur les grands ensemble urbains depuis de nombreuses années. Venu de Marseille, il travaille dans le quartier havrais depuis des mois, en immersion parmi la population et la jeunesse. « En s’appuyant sur une situation sociale, nous avançons sur une base de travail artistique et culturelle », commente le réalisateur. « Il y a des prémices de ce travail qui ont été faites à Marseille et, après une visite des différents quartiers du Havre, Caucriauville était l’endroit idéal pour les envies du collectif. »
Loin de s’arrêter aux a-priori et aux idées reçues sur le quartier, l’artiste souhaite avant tout présenter la vie dans un grand ensemble urbain. « Les grands ensembles du Havre ressemblent à ceux que l’on peut trouver partout en France, et dans l’Europe entière. On y retrouve des récurrences très fortes. » L’objectif de ce travail est de présenter un phénomène contemporain se développant dans les quartiers : la féminisation.

La réalité de la vie est très différente dans les quartiers aujourd’hui. Les femmes maîtrisent l’espace de la ville avec plus d’amplitude que les hommes. Elles participent à la vie de leur quartier. L’importance des femmes est plus grande que celle des hommes qui ont autrefois construit ces quartiers. Aujourd’hui, il ne reste rien de cette société paternaliste qui existait à la construction de ces grands ensembles.

Pour élaborer ce projet, l’équipe a recueilli des témoignages de femmes de Caucriauville, qui parlent de ce dont elles ont envie : leur vie de quartier, leur famille, leurs attentes, leurs projets… Ces rencontres se déroulent au même endroit : l’ancienne laverie de la tour-réservoir, à l’entre-sol. « Nous sommes dans un bâtiment typique de l’utopie moderniste de l’époque, avec son réservoir d’eau au-dessus des têtes, et qui alimente en eau tout le quartier », présente Jean-Michel Bruyère. « C’est un lieu que le bailleur de la tour, Estuaire de la Seine, nous a fourni, et qui a totalement adhéré à notre projet. Il participe grandement à la production du projet. »

Le Havre vue depuis Caucriauville

La tour-réservoir de Caucriauville est au coeur du projet. (Photo LFKs collective)
La tour-réservoir de Caucriauville est au cœur du projet. (Photo LFKs collective)

Au total, 47 entretiens ont été consignés par l’équipe de production, pour pouvoir construire le scénario de la web-série. « C’est le support qui s’adapte le mieux à ce que l’on veut faire. La série sera visible sur Internet, avec une diffusion via les réseaux sociaux, à partir de décembre 2015. Déclinée en plusieurs épisodes, voire en plusieurs saisons, la web-série mettra en scène les personnes ayant accepté de témoigner, tout en présentant aux spectateurs le regard qu’elles portent sur leur quartier, mais aussi sur la ville. Il y aura des endroits connus et évidents, et d’autres plus étonnants. »
Pour documenter cette série au maximum, un cartographe se charge également de relever la question de l’espace urbain utilisé par ces femmes, à travers leurs déplacements quotidiens, hebdomadaires.

Des webcams au Havre

Présent au Havre depuis quelques jours, Jean-Michel Bruyère se charge, aux côtés de Maryse Ricouard, du Volcan, de dresser le calendrier de tournage de la série, en se focalisant sur les lieux le plus souvent décrits par les intervenantes. « On voudrait que cette web-série raccorde les habitantes du quartier à la ville. La Ville nous a autorisé à installer des webcam dans différents points, pour avoir des plans en direct, sur différents sites panoramiques, et offrir des vues spectaculaires en temps réel, sur les épisodes de la série. »

Le tournage durera un mois de façon intensive, jusqu’à la mi-septembre, et une seconde période est programmée pour le printemps 2016. Il se fera aussi de façon ponctuelle avec un cinéaste havrais, Matthieu Simon. Il sera notre caméra B. »

Aux côtés de l’équipe de tournage travaillent également des établissements tels que l’Université du Havre, mais aussi le lycée Schumann, qui construit un projet autour des relations garçons-filles, à partir de cette aventure cinématographique.  Enfin, une dimension musicale sera également apportée à l’ensemble, avec la collaboration d’artistes et musiciens du Havre. « Nous avons fait le tour des musiciens de la ville, en prenant contact avec le Sonic, le CEM, des groupes de musiques actuelles, etc. C’est aussi un moyen de rassembler et d’unifier la ville autour d’un même projet », conclut le directeur artistique.
Avec une diffusion sur le web prévue dès décembre 2015, la web-série Tour-réservoir promet aux spectateurs de découvrir la vie au quartier de Caucriauville, sous un regard nouveau.

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