Le Havre Au Havre, les habitants invités à réinventer la ville

Groundz. Peut-être avez-croisé en ville des autocollants portant cette mention, clin d'oeil au site new-yorkais. Mais en quoi consiste ce projet alternatif qui réinvente la ville ?

Mise à jour : 11/12/2012 à 12:49 par Solène Bertrand

Un projet participatif sur les réseaux sociaux
Un projet participatif sur les réseaux sociaux.

Groundz, un nom chargé de sens qui rappelle le Ground Zero de Manhattan pour ce projet qui consiste à redessiner Le Havre.  Il s’agit de repartir à zéro, de faire table rase de l’histoire de la ville, en renommant les rues déjà existantes.

« C’est un projet participatif alternatif que nous proposons aux habitants et visiteurs de passage. Avec Groundz, nous voulons que les Havrais investissent leur ville et s’y investissent en réorganisant la cartographie et en réinventant les sites », souligne Cécile Choblet, responsable de la communication au Volcan, scène nationale du Havre.

En effet, derrière ce projet, se cache cette structure culturelle qui a décidé de lancer cette initiative, en même temps que son site web à la mi-octobre :

« Notre blog est certes associé au Volcan, mais nous ne voulons pas que ce projet soit envisagé comme une proposition émanant de l’institution ; c’est pourquoi nous privilégions au maximum la communication souterraine. » Et c’est bien normal pour un projet qui se veut underground : « Nous voulons que le bouche à oreille fonctionne ; c’est pourquoi nous communiquons par le biais d’autocollants visibles et distribués dans la ville. C’est une sorte de « teasing » pour attirer l’attention des habitants et les inviter à visiter notre blog. »

Groundz : un projet participatif

Le but de Groundz est d’inviter, suite à une déambulation dans la ville, à débaptiser des lieux et rues, afin de leur donner une nouvelle identité, de leur inventer une nouvelle histoire. Les participants doivent ensuite réaliser un film de 30 secondes mettant en scène le lieu renommé. Pour connaître le parcours et le site à investir, il suffit de consulter le blog et de suivre le cheminement proposé. Une fois la vidéo réalisée,  il ne reste plus qu’au vidéaste en herbe à la poster sur youtube, pour qu’elle vienne contribuer au projet global.

Groundz s’inscrit donc pleinement dans les projets crossmedia (combinaison des medias consistant à croiser papier, web, télévision, radio, cinéma …) qui se développent de plus en plus pour animer les réseaux sociaux et consistent à faire évoluer les contenus en ligne, en encourageant la contribution des internautes. Récemment, la chaîne franco-allemande ARTE a investi la toile de la sorte avec le webdoc I Goth my Word et un thriller artistique The Spiral où les internautes s’impliquaient, prenant part à l’histoire par des posts et films en ligne.

« L’idée, c’est de faire bouger les réseaux sociaux et de générer une participation spontanée. C’est aussi une invitation à libérer la créativité », indique Cécile Choblet.

Havrais et non-Havrais sont invités à offrir leur vision du Havre. Ainsi, lors de son passage au Volcan, le metteur en scène Jean-Lambert Wild s’est prêté au jeu en réalisant sa propre vidéo. Groundz, c’est une manière de s’approprier la ville, de jouer avec les espaces existants, mais c’est aussi une façon de parler de soi : « Il y a plein de gens créatifs et réaliser des vidéos dans ce contexte peut être une façon de se faire connaître, le film faisant office de carte de visite. »

Découvrez les vidéos réalisées :

Une nouvelle cartographie urbaine

Le projet démarre lentement et désormais, par le truchement des autocollants, il s’agit d’attiser la curiosité et d’amener un jeune public, celui qui fréquente assidûment les réseaux sociaux, à participer :

« Il est vrai que nous cherchons à toucher les 15-25 ans et nous sommes présents sur Facebook et sur Twitter, précise Cécile Choblet. C’est pourquoi nous tissons des liens avec l’Université.» Le projet n’en est qu’à ses balbutiements et n’a que deux mois, à peine : « Les bases sont posées et les interventions fluctuent. On se donne trois ans pour voir ce que ça peut donner, l’objectif étant de parvenir à réaliser un film entier à partir de ces brèves vidéos et d’organiser une nuit Groundz. »

Un projet d’envergure démarre : Groundz questionne la ville sur l’urbanisme, ses habitants sur des lieux familiers. Une initiative où tout est à inventer : rendez-vous sur le site dédié pour proposer votre vision du Havre, pour réagencer les rues et cartographier une nouvelle vie émergeant d’un imaginaire collectif.

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