Agriculture biologique. Ces 1200 fermes bios de Normandie

1257 exploitations biologiques sont recensées en Normandie. L'Orne est la meilleure élève, suivie de la Manche et du Calvados. Des efforts sont à fournir dans l'ex Haute-Normandie.

Mise à jour : 27/03/2016 à 08:24 par Manon Loubet

En Normandie, l'agriculture bilogique représente 3 % de sa surface agricole totale. L'Orne ets le département le plus en avance sur le bio avec 18 200 hectares. (Photo d'illustration)
En Normandie, l'agriculture biologique représente 2,9% de sa surface agricole totale. Les exploitations biologiques normandes produisent du lait, en majorité. (Photo d'illustration @ Manon Loubet)

La Normandie est la région française qui possède le plus de terres agricoles, soit 70% de son territoire. L’agriculture, ce savoir-faire ancestral est ancré dans les traditions normandes, dans un paysage encore naturel. « C’est une région qui n’est pas encore très urbanisée, où il n’y a pas de grosses infrastructures routières », présente à Normandie-Actu Sophie Chauvin, chef de projet Économie et territoire à la Chambre d’agriculture de Normandie. Sur ces 70 % de terres agricoles, 2,9 % seulement sont cultivées en agriculture biologique. Mais ce chiffre ne fait qu’augmenter d’années en années (+3% d’exploitations biologiques conversion et création confondues depuis 2012*).

En 10 ans, nous avons doublé le nombre de fermes biologiques en Normandie, assure Sophie Chauvain. Nous partions de très loin avec moins de 500 fermes en 2006, pour arriver à 1 257 fermes cette année. Et le nombre d’exploitants bios augmente de jours en jours. Quand il y a une crise dans l’agriculture conventionnelle, cela provoque immédiatement un appel d’air vers le biologique, les agriculteurs réfléchissent à faire valoriser leurs produits autrement.

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Des disparités entre l’ex-Haute et ex-Basse-Normandie

La Normandie se classe au 9e rang des 13 régions métropolitaines françaises en nombre de surfaces agricoles biologiques (2,9 %). Sur les cinq départements normands, des disparités sont observées. L’ex Basse-Normandie est plutôt bon élève en proportion de terres agricoles biologiques (4,6% pour l’Orne, 3,8% pour le Calvados, 3,5% pour la Manche*). Dans l’ancienne Haute-Normandie, seulement 2% des surfaces agricoles de l’Eure et de la Seine-Maritime sont biologiques. À noter que l’Orne est le 13e département français (sur 101) de par ses surfaces conduites en bio.

Si c’est dans la Manche que l’on enregistre le plus d’exploitations biologiques, avec 398 fermes, c’est dans l’Orne qu’on observe le plus de surfaces agricoles biologiques, avec 19 200 hectares, expose Sophie Chauvin. Il y a une très grosse différence entre l’ancienne Basse-Normandie et l’ex-Haute-Normandie, qui est très en retard sur le bio. Cela s’explique par la nature de la production agricole de l’Eure et de la Seine-Maritime, céréalière et exportatrice avec beaucoup moins d’animaux qu’en ex-Basse-Normandie. Ce qui est beaucoup moins propice au développement de l’agriculture biologique.,

Car, pour faire du bio, les fermes doivent apprendre à vivre en autarcie et trouver un équilibre entre la production végétale et animale. « Tout doit fonctionner en circuit fermé, les animaux mangent de l’herbe, avec leurs déjections, on réalise du fumier qui permet de cultiver ensuite, explique la spécialiste, Sophie Chauvin. Quand les exploitations sont sans animaux, le passage au bio est déjà plus compliqué… »
L’orientation des exploitations normandes reflètent les productions traditionnelles de la région : élevage bovin (lait et viande) en premier, puis céréales, maraîchage et fruits (dont pommes et cidre). Viennent ensuite quelques ateliers diversifiés : brebis (quasiment exclusivement pour la viande), poules pondeuses, volailles de chair, plantes à parfum, aromatiques et médicinales, chèvres, porcs, apiculture, fruits à coques…

Est-ce plus cher de produire bio ?

Le bio, plus cher à produire ? Selon Sophie Chauvin de la Chambre d’agriculture de Normandie, « pas du tout » :

Cela ne coûte rien de convertir une exploitation en bio, il faut juste changer ses pratiques, assure-t-elle. Comme l’agriculteur doit être autosuffisant, il n’achète plus d’engrais, ni de produits chimiques de synthèse, ni de nourriture pour ses animaux, puisque c’est lui qui les produit. Même si l’exploitant subit un contrôle par un organisme certificateur, une à deux fois par an, qu’il doit lui-même payer, soit environ 800 euros, il s’y retrouve forcément car les produits bios sont vendus plus chers, dans des circuits de distributions plus courts (vente directe à la ferme, marchés, coopératives, association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP)…).

Multiplier par deux les surfaces biologiques avant 2017

Le ministère de l’agriculture a lancé, en 2012, le programme national « Ambition bio 2017 », pour multiplier par deux le nombre de surfaces agricoles biologiques en France d’ici à la fin 2017. « En Normandie, on n’y sera pas, c’est sûr, observe Sophie Chauvin. Mais la crise actuelle de l’agriculture conventionnelle ouvre des portes, le nombre de surfaces agricoles biologiques normandes ne devrait faire qu’augmenter… »

La conversion à l’agriculture biologique, qu’est-ce que c’est ?
Un produit alimentaire issu de l’agriculture biologique résulte d’un mode de production sans aucun produit chimique de synthèse et se réfère à un cahier des charges européen. « Les agriculteurs qui pratiquent l’agriculture biologique s’appuient sur le respect des équilibres naturels, privilégient des pratiques culturales préservant l’environnement et visant à garantir le caractère durable de l’activité agricole (agronomique, sociale, économique) », explique dans son Panorama de l’agriculture et de l’agroalimentaire en Normandie, la Chambre régionale d’agriculture de Normandie. Une exploitation en agriculture conventionnelle qui veut se convertir à l’agriculture biologique doit attendre deux ans avant de vendre ses produits dans le circuit biologique. Un contrôle annuel est obligatoire pour tous les agriculteurs biologiques, par un organisme certificateur, agréé par l’État. Le contrôle est à la charge de l’agriculteur, soit environ 800 euros. Une notification annuelle d’activité bio est également obligatoire auprès de l’Agence bio, agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique.

* Source : Observatoire normand de l’agriculture biologique

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