Rouen L'État paye, à Rouen, 100 000 euros de loyer... pour un immeuble vide. Les explications de la préfecture

L'immeuble Concorde, à Rouen Saint-Sever ? 100 000 euros par mois sont déboursés par l'État, pour une coquille vide. La préfecture s'est expliquée, mercredi 7 octobre 2015.

Mise à jour : 07/10/2015 à 20:28 par La Rédaction

L'immeuble Concorde situé au 95 avenue de Bretagne à Rouen est toujours inhabité.    Capture d'écran @GoogleStreetView
L'immeuble Concorde situé au 95 avenue de Bretagne, à Rouen, est toujours inhabité. (Capture d'écran @GoogleStreetView2015)

[Mise à jour, mercredi 7 octobre 2015]
La réaction « officielle » de la préfecture de Seine-Maritime :

L’opération immobilière “le Concorde” a été décidée à la suite de la réforme de l’administration territoriale de l’État (REATE) de 2009, qui, en Haute-Normandie, consistait à regrouper sur un seul site : la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, la Direction de la protection des populations et l’Agence régionale de santé. Le choix s’est porté sur un immeuble de 11 000 m² à Rouen. Le projet incluait des travaux de réhabilitation à effectuer par le propriétaire et des travaux d’aménagements intérieurs à réaliser par le locataire, en l’occurrence l’État. Dès l’engagement des travaux, en 2011, des divergences sont apparues entre le bailleur et le locataire liées à des retards ou encore au non-respect d’obligations réglementaires ou contractuelles, notamment en matière d’amiante. Du fait de ces divergences et afin de régler les problèmes constatés, le début du paiement du loyer, a été repoussé à février 2014. En mars 2014, des prélèvements surfaciques de recherche d’amiante ont été réalisés sur l’ensemble du bâtiment avant l’opération d’emménagement des services. Les quelques résultats positifs constatés ont provoqué une nouvelle suspicion sur la conformité de l’immeuble aux normes en matière d’amiante. L’État a alors pris la décision d’arrêter le chantier qui était alors dans sa phase finale et de suspendre le déménagement des services afin de réaliser des mesures de contrôles supplémentaires. En octobre 2014, la décision a été prise, au niveau interministériel, dans le cadre de la réforme territoriale, de suspendre le projet d’implantation des services et de l’opérateur de l’État dans cet immeuble dans l’attente de la nouvelle configuration de ces services de l’État (implantation, effectif et organigrammes). Depuis, l’État a décidé d’engager une négociation avec le bailleur afin de rechercher l’issue la plus favorable aux deux parties dans ce dossier. »

La polémique. L‘immeuble Concorde (12 000 m2 sur neuf étages, parking souterrain), dans le quartier Saint-Sever, à Rouen (Seine-Maritime), est inoccupé depuis le départ de l’opérateur Orange, il y a six ans. Il est loué (à 100 000 euros par mois, dénonce le conseiller municipal d’opposition (UDI), Robert Picard) depuis 2014, par l’État, mais toujours « inhabité » ! 1,6 million d’euros ont été injectés… pour rien ?  
Le projet de regrouper toutes les structures départementales (Direction régionale des entreprises et de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, l’Agence régionale de santé, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, et la Direction départementale de la protection des personnes) sous le même toit date de 2009, mais n’a toujours pas abouti. En 2011, une promesse de bail avait été signée entre la société propriétaire du bâtiment et l’État, mais, depuis, personne ne s’y est installé, et ce, même après un vaste chantier réalisé en 2014.

Le problème de l’amiante serait pourtant réglé

Que se passe-t-il ? À la préfecture de Seine-Maritime, contactée par Normandie-actu, ainsi que dans toutes les structures départementales qui devaient y emménager, c’est silence radio. La situation est embarrassante.
En mars 2014, une installation était bien prévue, mais un chantier de désamiantage avait retardé l’opération. Désormais, le couac, serait la réforme territoriale réunissant la Haute et la Basse-Normandie et le manque de visibilité concernant ces structures départementales à l’échelle de la grande Normandie. « Toute la réorganisation de l’État est en cours, il n’y a pas de communication sur ce sujet pour le moment », commente simplement la préfecture, sur Normandie-actu. En attendant, le loyer ainsi que les charges pour garder l’immeuble en l’état continuent d’être payés…par les contribuables.


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